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Archive pour la catégorie ‘Brevet’

Ma première médaille sportive

Mon brevet de 200 km a été officiellement homologué par l’Audaux club parisien. Contrairement au marathon de Montréal et à la majorité des épreuves sportives, les médailles sont postées aux heureux détenteurs après l’homologation et le facteur viens de livrer ma médaille.

Contrairement à plusieurs des personnes de mon entourage, je suis loin d’avoir une collection de médailles. C’est la première fois que ma vie que je m’inscrivait à une épreuve sportive qui donne droit à une médaille si on la termine dans le délais prescrit et c’est donc la toute première médaille sportive de ma vie. La médaille n’étant pas livrée avec un ruban, j’ai utilisé une de mes chaînes en argent pour la passer dans mon cou.

Je suis sur un petit nuage dont je vais devoir descendre afin de mériter ma prochaine médaille.

La médaille photographiée en mode macro, l'image est plus grande que la réalité.

Mon premier brevet de 200 Km

Samedi le 11 septembre, départ vers un nouveau PB : 200 km à franchir .

Je vais commencer au début pour ceux qui ignorerait ce qu’est un brevet.

A Paris, le 26 Aout 1983, je jour apres le dixieme Paris-Brest-Paris, l’Audax Club Parisien et les representants des pays organisateurs des Brevets Randonneurs Mondiaux (des randonnees en velo de 200-300–400-600km nécessaires pour se qualifier pour Paris-Brest-Paris) ont fondé une organisation mondiale les Randonneurs Mondiaux. Le but du brevet consiste à parcourir la distance requise à l’intérieur d’un temps limité.  En plus d’un délais pour l’ensemble de l’épreuve, il y a aussi une heure maximale d’arrivée à chaque point de contrôle et une heure d’ouverture pour chaque point de contrôle. Le but de l’heure minimale d’ouverture d’un point de contrôle est d’éviter que les randonneurs prennent des risques inconsidérés en roulant à des vitesses folles. Le règlement stipule que si un randonneur arrive à un point de contrôle en retard, l’organisateur pourra lui permettre de repartir si ce retard est dû à un événement imprévu et indépendant de la volonté du randonneur comme un arrêt pour aider lors d’un accident ou une fermeture de route), Un problème mécanique, la fatigue, le manque de forme physique, la faim, etc. ne pourront donc être des raisons valables de retard. En dehors des cas précédents, le randonneur doit respecter ces plages horaires intermédiaires, sous peine de non-homologation de son brevet, même si celui-ci est effectué dans le temps limite.

Je me suis inscrit à la plus petite distance, le 200 km. Voici le parcours à pédaler.

Parcours du brevet de 200 km 2010

Le long du parcours, il faut faire signer sa feuille de route aux points de contrôles officiels. Il peut aussi y avoir des contrôles secrets afin de s’assurer que les participants respectent l’itinéraire. Contrairement aux compétitions cyclistes, les routes ne sont pas fermées et des véhicules motorisés y circulent. Les participants sont considérés être en excursion personnelle et sont soumis au code de sécurité routière.

Le parcours n’est pas plat mais ne comporte qu’une seule difficulté majeure : la montée de Covey Hill. Voici le profil d’élévation du brevet tel que mesuré par l’altimètre barométrique de mon GPS.

Pofil d'élévation du brevet

Briefing au départ, on nous explique le système et comment lire le parcours. On nous signale aussi un danger, une forte descente se terminant par un détour et immédiatement suivie d’une intersection. Le problème est que le détour cachant l’intersection, on ne pourrait pas freiner à temps si on s’y mettait lorsqu’on voit l’intersection.

Départ à vitesse modérée, on prend le temps de bien se réchauffer avant de se mettre à rouler. La vitesse ne demeurera pas modérée pour bien longtemps.

Vitesse de mon brevet

Vitesse de mon brevet

Nous allons maintenant découper le brevet en tranches selon l’ordre chronologique des événements. Voici la vitesse du début.

Vitesse de la première partie

Cette vitesse est donnée afin d’expliquer aux lecteurs de ce blogue que bien qu’un brevet ne soit pas une cyclosportive, on ne se traine pas les pieds et que cela roule de manière soutenue au dessus de 30 km/h. Autre précision, on ne déclippe presque jamais durant un brevet.  Afin de suivre le rythme, il est nécessaire de posséder au moins un niveau minimal de maîtrise de la technique du boire en roulant car autrement, vous seriez instantanément largué par le peloton.

Voici la deuxième partie

Vitesse de la deuxième partie du brevet

La vitesse diminue en raison du faux-plat qui précède Covey Hill et de Covey Hill. Le peloton se scinde sur Covey Hill mais comme la pause diner est après la descente, personne ne peut profiter des écarts qui se sont creusés dans la montagne.

Parlant de Covey Hill, voici son profil tel que mesuré par mon GPS.

Profil de Covey Hill, approche est

Je n’avais pas ma caméra avec moi lors du brevet. J’ai trouvé cette photo du Covey Hill sur le site véloberville.

Covey Hill

J’ai éprouvé une crampe autour du 125è Km et on peut facilement voir où sur le graphique. À partir de là, je perd définitivement contact avec le peloton.

Vitesse après la crampe

J’ai commis l’erreur de traiter Covey Hill comme un entraînement, en prenant moins de dents à l’arrière pour forcer plus. J’ai monté la moitié de la côte sur ma 39 avec le deuxième plus gros pignon. J’aurais dû mouliner sur ma 30 ce qui aurais économisé mes muscles. Bien que je n’ai pas crampé sur Covey Hill, j’avais les quadriceps en feu après la montée et je désirais arriver au point de contrôle le plus rapidement possible pour me reposer. Au moment du départ, je ne ressentait aucun problème mais cela n’a pas duré. Mettre un gros braquet dans les côtes est une technique d’entraînement que j’ai utilisé sans penser mais qui n’a pas sa place dans un brevet.

Avec la crampe, je ne peut plus forcer sans risquer un retour en force des symptômes. Les montées se font donc à moins de 20 km/h mais dans les descente, j’adopte ma meilleure position aérodynamique et j’essaie d’aller chercher le plus de vitesse possible. Dieu merci, le parcours de retour est majoritairement descendant. De toute façon, j’aime bien descendre rapidement et il m’arrive de la faire par le plaisir et de me relever par la suite pour laisser le peloton me rejoindre car je sais fort bien qu’avec un peloton de cette qualité, faire cavalier seul à l’avant est un geste idiot qui me viderait de mon énergie.

Comme si un crampe dans chaque quadriceps n’était pas assez, j’ai aussi commis une erreur de navigation qui a forcé un demi-tour et transformé mon brevet de 200 Km en une épreuve légèrement plus longue. Le principal inconvénient est que je ne pouvais plus me fier sur le kilométrage pour trouver le dernier contrôle et que j’ai du rouler plus lentement en cherchant le fameux dépanneur.

Voici mon rythme cardiaque durant le brevet.

Zones cibles

La zone 5, c’est essentiellement sur Covey, Hill car c’est le seul endroit où je me suis senti en zone 5. Ailleurs, les passages dans cette zone furent trop bref pour que je puisse le ressentir physiquement.

Voici la répartition de ce rythme cardiaque en fonction de la distance, le tout superposé au profil d’élévation .

Rythme cardiaque durant le brevet

Je passe en zone 4 facilement dans les vallons car bien que j’ai grandement maigri grâce au vélo, je porte encore 20 livres de trop. Je les ai appelés les irréductibles tissus adipeux en raison de leur grande résistance à l’exercice physique. L’entrainement de cet année a augmenté ma masse musculaire et mon cardio, mais il s’est avéré incapable de faire disparaitre les dernières traces de graisse abdominale.

Avec cette crampe, j’ai raté tous mes objectifs : ceux du départ et ceux que je m’étais fixés après la crampe. Le seul objectif que j’ai atteint est celui de terminer le parcours sans abandonner.

Je tiens a remercier tous les autres participants du peloton sans lesquels ma vitesse aurait été beaucoup moindre avant ma crampe.

Félicitations Vérane! Excellent premier brevet. Je me suis laissé convaincre que j’étais assez fort pour compléter ce brevet et sans toi je ne me serais jamais inscrit. Bien que je sois effectivement en mesure de rallier l’arrivée, j’aurais préféré le faire avec mes ami(e)s plutôt que tout seul.

La crampe implique que je vais devoir refaire au autre  brevet de 200 km avant de penser au 300 km en espérant que la deuxième fois se déroulera san problèmes de crampes. Même si nous ne somme pas sur Twitter, je vais me permettre une #jeudiconfession : il y trois ans, lorsque j’ai effectué ma première sortie vélocia de 80 km en vélo hybride, j’ai été frappé de crampes après 70 km d’un parcours de 79 km comportant 156m d’élévation, une élévation que j’ai trouvé très difficile à traverser.  Depuis j’ai rencontré des amies merveilleuses qui m’on convaincu de m’entraîner sérieusement et de ne jamais lâcher quelques soient les difficultés rencontrées. C’est réellement payant de pouvoir compter sur de telles amies inspirantes. Durant le brevet, lorsque j’étais est dans le pire des crampes je me suis dis que Vérane n’abandonnerait pas, que Sylvie n’abandonnerait pas, que Pascale n’abandonnerait pas et je me suis rappelé le foulard de Vérane. Comme le disent si bien les règles officielles des échecs, celui qui abandonne perd et je me suis pas un perdant de nature.

Je suis devenu un randonneur breveté le 11 septembre 2010.  Cependant, l’objectif de terminer dans le peloton de tête reste encore à accomplir. L’occasion était en or en l’absence des randonneurs les plus rapides et en présence d’une forte représentation de vélociens. L’an prochain étant un Paris-Brest-Paris, on doit s’attendre à une présence renforcée de randonneurs plus forts durant les brevets et terminer dans le peloton de tête devrait être bien plus difficile que samedi dernier. Objectif 2011, les brevets étant terminés pour 2010, terminer dans le peloton de tête en moins de 9h.